jeudi 25 février 2021

Place de la Cathédrale de Rouen




Confiné depuis 12 mois sur avis médical avec les risques liés au Covid-19, je peux enfin travailler avec un très bon photographe sur la ville de Rouen. Quoi de mieux de commencer notre collaboration avec la place de la cathédrale, au cœur de la vieille cité historique?





GI-HEFF n'est pas un artiste mais il sait photographier sous des angles inattendus le sujet qui l'intéresse. A moi de commenter ses photos et à ne pas le décevoir. J'attendais cette collaboration depuis un bon moment et elle me rend bien service pour parler de mon émerveillement devant les traces d'un passé architectural qui soulèvent un peu le voiles sur l'histoire des rouennais, ces fiers normands descendants des vikings à la culture si riche dans le haut Moyen-Âge qu'elle domina l'Occident.
Un grand MERCI à Gi-Heff, je suis très honoré de pouvoir commenter ses photos.

 



Vue du parvis "Ouest", c'est-à-dire de la place de la cathédrale, le croisement des voies gallo-romaines (Rue de Carmes et rue du Gros-Horloge)  nous invite à la contemplation. L'édifice doit son charme à son infinie variété de style au long de 9 siècles d'évolution architecturale et ses jeux de lumière au différentes heures de la journée.

 Claude Monet ne s'est pas trompé (1840-1926), le plus grand peintre impressionniste a immortalisé la façade de l'édifice en réalisant une série de renommée mondiale dont le "Portail de la Cathédrale par remps gris" exposé au musée des Beaux Arts de Rouen qu'il faut absolument visiter.  Ces chefs d'œuvres sont aujourd'hui exposés dans les plus prestigieux musées d'art du monde. de multiples ouvrages d'art sont consacrés au maître de l'impressionnisme et je ne ne peux rien ajouter. 

Petit peintre amateur je ressens que Monet est dans sa cathédrale, en elle, avec elle, pour elle dans une expérience totale de corps à corps. 

Ma cathédrale au soleil levant.

C'est cette obsession qui ma submergée quand j'ai osé demander à mon maître aquarelliste, André Le Noir, de m'aider dans ma peinture de trois tableaux réalisés pour ma sœur Elisabeth, une amie habitant une maison à colombage du XV° siècle et enfin une grande composition pour mon salon. Je n'en dormais pas la nuit. J'ai moi aussi un lien viscéral avec cette fascinante représentante de l'art Normand. Nulle part ailleurs je n'ai vu autant de lumière pénétrer à l'intérieur sauf  à la Sainte Chapelle de Paris. Si mon tableau montre mes modestes limites, j'en suis aussi très fier.

Claude Monet a réalisé l'exploit que ces cathédrales dépassent leur sujet. Rouen est connu dans le monde entier grâce à cet artiste hors du temps. 



La Tour de Beurre, à droite sur la photo de GI-Heff édifiée au XV° siècle fut appelée ainsi à partir du XVII° siècle parce que les rouennais la croyaient construite grâce aux dispenses perçues par l'Eglise des fidèles autorisés à consommer du lait et du beurre pendant le Carême. Rien n'a changé, l'argent pèse lourd dans les injustices sociales qui mènent à la révolte. Le protestantisme et les loges maçonniques doivent leur essor à Rouen à ce rejet viscéral des dispenses accordées par l'Eglise catholique corrompue par l'argent. Les imprimeurs furent le fer de lance de ces mouvements réformateurs contre l'obscurantisme pseudo-religieux.

Cette tour abrite un carillon de 55 cloches et une cloche à l'origine d'une expression populaire : "Boire à tire la Rigaud".

Les sonneurs devaient entraîner par leur propre poids et leur force musculaire les grosses cloches dont la Rigaud. Comme "Quasimodo", héros de "Notre dame de Paris' de Victor Hugo (1831), ces pauvres diables devenaient complétement sourds et avait tendance à s'enivrer. 





A l'intérieur, GI-Heff prit quelques belles photos. Par sa sobriété, l'intérieur contraste avec la façade abondamment ornée. La nef actuelle a remplace celle de l'église romane incendiée en 1200. Elle était presque achevée en 1204 quand Philippe Auguste mit fin à l'Etat Anglo-Normand.



Rouen se rendit sans trop de résistance au roi de France le 34 juin 1204.

Le roi voulu entrer dans la ville par une brèche ouverte dans les remparts pour bien marquer les esprits ! "Rouen est une ville conquise" et devra donc se plier à sa nouvelle autorité toute puissante.

Il fit d'ailleurs raser le vieux châteaux ducal, saper les murailles, combler les fossés des remparts. Ce n'était pas un tendre  mais il fut un des grands rois de par son pragmatisme politique, militaire à l'orgueil démesuré. 

Philippe Auguste, sur les ruines de l'ancien amphithéâtre gallo-roman, fit construire un château fort dont il ne reste que le donjon près de la gare.

Il promet qu'il n'obligera pas les bourgeois à marier leur fille contre leur gré et qu'il ne les poursuivra pas pour fait d'usure.

Economiquement c'est une rupture commerciale avec l'Angleterre. Rouen, soudé à son arrière-pays doit orienter son commerce vers le Bassin parisien et son port devient le débouché naturel des riches plaines parisiennes et de Haute-Bourgogne avec notamment l'exportation du vin, l'essor de la draperie, l'élevage des moutons et le tissage de la laine. Les bourgeois=s ont rapidement compris que leur postérité et leur fortune dépendaient de leur soumission au royaume de France. Ainsi va toujours l'opportunisme économique.



Quant-aux vitraux, selon Françoise Perrot dont c'est la spécialité, ils présentent un ensemble du XIII° au XVI° très intéressant. dont je parle dans un autre article.

Effectivement tous les styles sont présents dans cette cathédrale, une des plus belles de France. Les autels des chapelles latérales offrent un étonnant contraste avec des styles divers dont celui qui symbolise la vision du paradis au XVII° et XVIII° siécles : Le style baroque 


Ce bâtiment est au cœur d'un territoire au riche patrimoine d'un peuple de caractère fier de lui-même, nous éclaire sur sa psychologie. 
Le Normand aime montrer sa puissance, ses richesses, sa haute idée de lui-même.
 Il est soit un terrien, les pieds solidement boulonnés au sol, souvent riche cultivateur et éleveur, artisan ou industriel, très réaliste, soit un aventureux marin, découvreur hardi d'autres civilisations. 
C'est la ruse, mélangée à une bonne dose de pragmatisme,  qui le caractérise le mieux. Depuis Rollon, premier duc de Normandie, les descendants de ces vikings se sont faits connaître pour le meilleur et le pire. 
Car ils doivent aussi leur puissance économique à la traite d'êtres humains.
De multiples esclaves débarquaient sur les quais de ROUEN dont on vient de retrouver les vestige aux pieds de la cathédrale. 

-Vestiges des anciens quais de la Seine sous Rollon vers 970 après JC-
-Au sud de la place de la Calende en bordure de la rue Alsace-Loraine-
-Photo personnelle-

Que cette ville soit une plaque tournante de l'esclavage au Haut-Moyen-Âge, alors qu'elle s'était convertie au christianisme révèle la complexité anthropologique de ce peuple qui n'a jamais oublié les obscures superstitions liés aux idoles du Nord de l'Europe. Les rebouteux, les voyantes ne sont pas pauvres en Normandie,  ils ont une clientèle qui les fait bien vivre.

Voila l'image que je me fais du normand ; je l'aime pour ce qu'il est, moi qui vient de Lyon où on se cache derrière de hauts murs, où on cultive discrètement le secret de l'intimité. Tout le contraire de ce que suis devenu en Normandie où ma famille migra en 1945. Mes enfants sont des normands fiers de leur origine et j'en suis fort aise.








lundi 20 janvier 2020

ENVIRONNEMENT ET MILIEU


On met la sauvegarde de l'environnement à toutes les sauces politiques. L'écologie devient un fourre-tout idéologique. 

la nature est réduite à l'entourage et non plus à son milieu. 
Les touristes ne peuvent parler que d'environnement car ils ne perçoivent que l'écosse de l'arbre et ignorent tout de sa vie. Si cette superficialité se comprend de la part de passants, elle devient absurde pour les habitants sédentaires qui vivent dans un milieu.



Je pense vraiment qu'il faut reconsidérer la notion de milieu dans notre culture afin de réconcilier nos approches techniques d'un homme vivant dans un milieu avec lequel il doit être spirituellement ou philosophiquement en harmonie. 

L'homme s'accomplit à l'intérieur d'un milieu vivant qu'il doit découvrir et tirer partie en le respectant. C'est dans ce sens que la spiritualité qui l'anime peut équilibrer sa vision du monde et donc sa présence dans son milieu. C'est l'approche anthropologique des peuples des forêts d'Amérique latine, des nomades d'Afrique, des peuplades du grand Nord et de tous les civilisations dites "premières". 

C'est l'antithèse éclairante d'une pseudo-vision écologique des gauchisants politiques français.
On est loin de toute idéologie écologique, de toute ambition politique. C'est une question de bon sens et de survie.

L'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen n'a pas fini de nous interpeller sur les enjeux collectifs des équilibres à trouver et préserver entre les activités nécessaires à la société urbanisée et tout simplement la qualité du milieu. 



La ville de Rouen, située sur une méandre de la Seine, au nord bordée par le haut plateau du pays de Caux et au sud par la plaine du Bassin parisien, est une cuvette concentrant toute la pollution industrielle.
L'emploi et l'essor économique face à la santé publique sont, par exemple, tous les enjeux d'une prise de conscience de la préservation de la ceinture forestière qui entoure la cité.

dimanche 19 janvier 2020

LUBRIZOL EN QUESTION ?

Quatre mois après la catastrophe industrielle de Lubrizol, il ne m'appartient pas de polémiquer sur ses causes et  ses conséquences car je ne possède aucune compétence me permettant d'y prendre part.




Cependant comme la population, j'ai pris conscience que le département de Seine-Maritime est le milieu qui concentre le plus grand nombre d'entreprises de type Seveso sur le territoire français. 

Si  sur le plan économique cela montre son dynamisme, sur le plan de la sécurité civile une grande interrogation émerge.

Bien sûr les écologistes de tous poils se sont dressés sur leurs ergots comme des coqs impuissants et démagogiques. Leurs cris ne font pas avancer l'amélioration de la prise en compte des dangers. L'idéologie écologiste politique n'a en rien éclairer le dossier Lubrizol car ce  n'est pas en gueulant qu'on agit efficacement. C'est mon premier constat.





Ensuite le cafouillage de la communication révéla trois aspects des défaillances à tous les échelons des responsabilités.

1. Les médias ont accentué l'angoisse par leur manque d'objectivité car ils ont rendus compte des événements sans le recul des résultats des analyses.

2. La population n'est pas préparée à faire face à ce type de catastrophe. Aucune consigne de prévention et de sauvegarde ne lui est donnée,  aucun exercice de sécurisation ne lui permet d'apprendre à agir lucidement. 

Ignorante et livrée à elle-même, la population réagit avec sa panique légitime et l'expression de ses fantasmes donnant naissance à toutes sortes de rumeurs.

Dans une zone Seveso l'autorité publique doit former la population aux bons réflexes par des exercices ponctuels et réguliers. C'est une exigence éducative nouvelle concernant toutes les générations. 

3. Enfin, le désarroi de l'autorité publique s'est traduit dans sa communication maladroite donnant l'impression d'opacité, de mensonge et d'incompétence.




Donc en tant que citoyen, je demande que nous soyons formés pour bien réagir en cas de catastrophe industrielle et je demande que des protocoles d'informations soient clairement définis.

Si une enquête judiciaire ne doit pas être médiatique car il est nécessaire qu'elle soit protégée par le secret de ses investigations. Mais la communication des autorités doit être claire pour être crédible.

Je viens de relire mon article du mois de septembre, je n'en retirerai pas une virgule même si je me suis parfois trompé. ( 20 janvier 2020)

lundi 30 septembre 2019

ROUEN-POLLUTION

Un habitant du Petit-Quevilly, le 26 septembre face au panche de fumée provoqué par l’incendie de l’usine Lubrizol.

Cet incendie de l'usine Lubrizol d'additifs pour les huiles des moteurs et des mécaniques suscite beaucoup de réactions et inquiète la population à juste titre. 

Cette usine, classée Seveso seuil haut,  est à 400 mètres du centre-ville de Rouen et provoque donc une multitude de commentaires plus ou moins crédibles avec des rumeurs incontrôlables allant toutes vers une dramatisation de la situation.

La piste criminelle serait pour l'heure la plus vraisemblable, mais qui sait ? C'est à l'enquête judiciaire qu'il revient de découvrir les causes réelles de cette catastrophe.

Comme toujours, il faut rester très prudent quant-aux rumeurs.

Contrairement à ce qu'avance des hypothèses invraisemblables, il n'y a pas de benzène dans la composition des produits de cette usine d'additifs et le nuage noir impressionnant est retombé sous forme de suie dont la toxicité serait moins grave que l'on le dit. 

Les produits dangereux ont été brûlés, Ils ne se sont pas évaporés. Ils sont retombés sous forme de suie lavable par la pluie... Donc soyons sérieux et objectifs ce qui ne nous empêche pas d'être vigilants et d'écouter les responsables compétents. Les agriculteurs, les commerçants, les artisans, les restaurateurs sont pour le moment les plus gravement touchés en subissant un préjudice important. Le gouvernement affirme qu'ils seront intégralement dédommagés.

Quant-aux mauvaises odeurs, elles sont dues au gaz servant d'avertisseur et si celles-ci provoquent des effets désagréables (c'est leur raison d'être) ils ne sont qu'éphémères. Je peux témoigner que cela sentait très mauvais mais que je ne fus pas incommodé alors que ma santé est très fragile sur le plan respiratoire.

Si comme le dit une certaine presse, ce nuage avait été très toxique, ce serait des centaines de victimes qu'aujourd'hui nous compterions. Il n'y en a aucune !  Alors, il faut être rationnel.

Le préfet a certainement eu un mot malheureux en disant que la qualité de l'air était proche de l'habituel... Il a oublié l'odeur dans sa communication... Il a fait l'impasse sur le ressenti et s'est donc décrédibilisé par rapport à la population.

Cependant, proche d'un pompier et d'un élu du Département, je pense que mes sources d'informations sont fiables et qu'il faut se garder de toute exploitation politique-écologique et démagogique... La vérité ne peut sortir que d'analyses scientifiques fiables et tant qu'elles n'ont pas donné leurs conclusions à la Justice, c'est du verbiage accompagné de toutes sortes de manipulations de la population que nous subissons.

J'habite tout près d'une entreprise de stockage de ce type Seveso. J'ai acheté ma maison en toute connaissance de cause et ces produis, dont certains vraiment très dangereux, ne sont qu'à cent mètres mais les procédures de sécurité sont telles que je dors tranquillement depuis trente ans. Il est pris des précautions de sauvegarde de l'environnement tellement strictes que Montville est un bourg plus écologique que beaucoup d'autres. 

Je ne suis pas compétent, mais un simple citoyen qui s'interroge.

Donc  l'exploitation médiatique d'un tel événement industriel, accidentel ou criminel, est à prendre avec un certain relativisme ou recul. 

Les analyses sont en cours, faites par les service de l'Etat et judiciaires, les experts de l'entreprise, des laboratoires indépendants...On attend donc leurs analyses objectives. 

La vérité sera rendue publique, car garder secret certains éléments serait irréaliste, et je pense qu'elle rassurera la population mais que les agitateurs de tous poils continueront à vouloir faire peur...
Affaire à suivre donc.

mardi 18 juin 2019

L'ARMADA : UNE SÉRIE DE REPORTAGES A VOIR ABSOLUMENT !




De la série des reportages de GI-HEFF sur l'Armada 2019, ressort une vision très rythmée et intéressante sur cet événement qui marque la vie normande.


Je vous invite chers lecteurs à visionner la série de ses 7 superbes reportages sur le blog :

Ces grands voiliers venus des quatre coins du monde, faisaient, il y a cent ans régulièrement escale à Rouen, port maritime et fluvial stratégique cruciale pour l'économie et le commerce ;  ils nous invitent encore à cette part du mystère cachée au delà de l'horizon. 

Les Vikings, nos valeureux ancêtres, depuis leur lointaine terre froide et désolée du nord de l'Europe, ont su découvrir les trésors de notre région et s'y enraciner en les magnifiant. Les Normands du Haut-Moyen Âge ont exporté leur culture alors dominante jusqu'au Moyen-Orient ; Guillaume le Conquérant, duc de Normandie conquit l'Angleterre. 
Rouen, port maritime, est donc étroitement liée aux événement mondiaux jusqu'au Débarquement des Alliés le 6 juin 1944.

Elle est en effet fabuleuse notre terre de marins et de paysans car elle porte des hommes et des femmes doués du génie de l'innovation et de l'exploration.

 L'Armada est donc un retour aux sources historiques et merci à GI-HEFF de nous le faire ressentir si bien.


Le 7ème reportage de GI-HEFF sur l'Armada, avec la fermeture du tablier du Pont Flaubert, le passage de la Patrouille de France et le départ des voiliers est absolument à voir sur son blog.

GI-HEFF nous invite ainsi à ressentir ces 10 jours d'escale avec de multiples facettes et je suggére donc à l'ensemble de mes fidèles lecteurs de se connecter sur le blog de GI-HEFF ; vous ne serez pas déçus.... 

Je vous recommande même de vous abonner à sa chaîne You Tube car ses reportages sur la Normandie y sont très originaux, inattendus, intéressants et très variés. 
Les vidéos sont remarquablement bien montées et pas une seconde d'ennui ne vous attend.

samedi 8 juin 2019

ARMADA DE ROUEN ET l'ART






André Le Noir, un des exposants et mon professeur aquarelliste, m'a gentiment invité à "L'escale au Salon de Rouen" inaugurée par Pascal Matin Président du Département de Seine-Maritime (mon neveu) et futur sénateur.


24 "Peintre Officiels de la Marine" et de très nombreux artistes normands y exposent du 7 au 15 juin des œuvres qu'il faut vraiment découvrir.


L'ARMADA DE ROUEN n'est pas seulement le rassemblement des plus grands voiliers du monde, c'est aussi des expositions, des concerts, des feux d'artifices et une mise en valeur exceptionnelle du patrimoine.

Peintre amateur, moi-même, je me permets de vous engager à découvrir deux autres de mes blogs :
https://aquarelles-et-pastels.blogspot.com
https://mini-flotte76710.blogspot.com

Voici quelques unes de mes aquarelles maritimes :
-Régate de vieux gréements : aquarelle-

-Les Bisquines (La Cancalaise et la Grandvillaise) en régate : aquarelle-
-Voilier par mer agitée: aquarelle-



Lire l'article complet : ARMADA DE ROUEN ET L'ART

jeudi 6 juin 2019

DEVOIR DE MÉMOIRE

Résultat de recherche d'images pour "photos du débarquement du 6 juin 1944"

Le 6 juin 1944, je n'avais que 29 mois et donc je n'ai pas de souvenir, seulement ceux recomposés par la transmission de l'éducation familiale.
J'ai beaucoup lu d'ouvrages historiques et le Débarquement en Normandie est devenu un lien qui m'enracine dans cette terre que j'aime passionnément avec son histoire, ses grandes figures.

J'ai reçu le courage en héritage admiratif avec ces 150000 hommes à l'assaut des troupes occupantes.

Le 6 juin 1944 est le premier jour de la reconquête de la liberté et jour J pour l'avènement de la superpuissance américaine.

En parcourant les cimetières militaires du Débarquement, le sacrifice de tant de vies  saisit l'âme d'un silence glacé car sans avoir vu ces tombes on ne peut pas imaginer à Colleville-sur-Mer, par exemple, le bruit monstrueux des combats et la réalité historique nous échappe.

En Normandie, c'est un discret hommage personnel à ces morts qui m'étreint mais c'est aussi la prise de conscience  des vertus de la liberté.

Résultat de recherche d'images pour "Photos de Rouen ravagés en 1945"

"L'Art d'être Français" s'est payé au prix du sang  des Alliés et nous leur devons donc une reconnaissance qui s'ancre dans notre mémoire collective.

La Normandie libérée a été ravagée, ses habitants ont soufferts, ses furent villes détruites, ses familles furent endeuillées, mais la Résistance, le général de Gaulle, les combattants de la France libre ont fait de nous un peuple libre.
Et le 6 juin 1944 c'était cette page d'histoire qui s'ouvrait.

La France, au cœur de l'Europe est en paix avec ses pays voisins. Cette paix est sous-tendue par l'union des nations qui savent le prix des guerres passées. Espérons seulement que le bonheur relatif que nous, Français, vivons, ne soit pas un anesthésiant qui nous fasse oublier notre histoire.
Notre liberté n'est pas une faveur gratuite tombée du ciel. Elle nous a été offerte au prix du sang par nos aînés. Et la commémoration du 6 juin 1944 a un seul but : nous le rappeler pour que nous soyons capables de retransmettre aux génération suivant l'héritage du courage patriotique.

Enfin, je partage l'idée qu'un pays comme la France doit préparer son armée, ses forces de sécurité, ses srvices de renseignements à la guerre. Il faut impérativement augmenter le budget de la Défense Nationale dans tous les domaines et l'adapter aux réalités d'aujourd'hui car nous vivons dans un monde très dangereux.

dimanche 19 mai 2019

FLÂNERIE DANS LES RUES

Nous-nous sommes retrouvés avec mon épouse à flâner dans les vieilles rues de Rouen juste pour le plaisir, accompagnés de ma fille et de mon gendre. J'en ai profité pour prendre quelques photos. C'est une ambiance que j'aimerais vous faire sentir. Regardez les photos rapidement. Puis si l'une d'entre-elles vous accroche, le commentaire vous aidera à la resituer historiquement.
J'ai bien conscience que mon reportage est un peu long mais c'est celui d'une flânerie faite en famille pour le seul plaisir de regarder, de sentir, de partager...



Ma voiture garée au parking de l'Hôtel de ville, c'est Napoléon qui nous invite à la promenade.
Les prussiens en 1871 n'avaient pas osé récupérer le bronze de cette statue équestre fondue à partir des canons de la bataille d'Austerlitz et inaugurée le 15 août 1865 sous Napoléon III.

Sur cette place c'est un pure chef-d'oeuvre de l'architecture gothique qui attire nos regards émerveillés.
-L'admirable tour de croisée de l'abbaye St-Ouen date du XV-XVI° siècles-
Une petite interprétation symbolique sur cette tour de croisée : la couronne du duc de Normandie domine à droite la tiare du pape et à gauche celle du roi. Être Normands, c'est appartenir à une civilisation dominante et en avoir conscience tant sur les plan historique, économique, culturel... N'oublions pas la fameuse "charte aux Normands" concédée par le roi de France en 1149.

L'abbaye Saint-Ouen est le trésor incontestable du style gothique le plus élaboré du XV° siècle. Les moines étaient faits pour une vie séculière bien réglée au sein d'une clôture qui les séparait de la vie profane. L'abbaye fut donc d'abord construite à l'extérieur de l'enceinte des fortifications des le VI° siècle.
Puis le viking Rollon, premier duc de la Normandie, leur concéda toutes les terres fertiles et maraîchères des vallée du Robec et de l'Aubette jusqu'à Darnetal, un vaste territoire qui assura leur autonomie alimentaire et économique jusqu'à la Révolution de 1789.

Les abbés de l'abbaye, issus de la haute noblesse, furent des gestionnaires avisés avec sous leur contrôle des granges, des moulins, des fours, des ateliers artisanaux, des étables, des bergeries et des viviers de poissons que les moines consommaient en période de carême.

A l'origine cette abbaye portait le nom de l'évêque Dagon qui fut déformé en Ouen.

C'est d'abord, une grande église romane fut édifiée vers 1066, sous Guillaume le Conquérant. Mais deux incendies majeurs détruisent cet édifice en 1136 et 1248.

L'abbé Jean Roussel, surnommé Marc d'Argent, le 13 mai 1318, un architecte d'un immense talent, conçut les plans de l'église abbatiale totalement gothique que nous connaissons. Elle fut construite dans une unité de style au cours des siècles suivants, ce qui est exceptionnel. 
Nous avons donc à Rouen un exemple parfait des savoirs faire des XIV° et XV° siècles.




-un ancien oriol-
En traversant la Rue des Faulx mon regard, en quête d'insolite, est attiré par un des anciens Oriols, sortes de pavillons construits au dessus des toitures pour assurer les veilles notamment contres les incendies.

Puis, nous-nous engageons dans la rue des Boucheries Saint-Ouen qui mène à la pittoresque Place du Lieutenant Aubert avec au bout de la rue d'Amiette un autre joyau : l'église Saint-Maclou.


-Place du Lieutenant Aubert, avec le clocher de Saint-Maclou-
Cette très pittoresque place est au Moyen-Âge la plus grande de la cité et s'y tenait une fois pas an la "fête de la Confrérie des Connards", sorte de carnaval populaire dont je parle dans un autre article.

Nous avons rendez-vous au 196 rue de la rue Eau de Robec, invités par notre fille à découvrir une table rouennaise : "LES GENS HEUREUX" dans une belle maison du XVI°-XVII° siècles


-Un cadre chaleureux et original-


-Une ambiance bien particulière et bon enfant dans une vieille demeure-


-Avec Valéry et Hélène: un moment de convivialité familiale-


-Les menus changent toutes les semaines dans ce sympathique restaurant-


-"FANNY", la patronne est vraiment très accueillante et ma foi bien jolie-





 Le charme des vieilles maisons à pans de bois s'allie parfaitement avec un rez-de-chaussée en pierres de calcaire venant des carrières de la vallée de la Seine à partir du XVII° siècle.


-Mon plat préféré : un tatin de carottes au caramel-
Après ce repas, nous reprenons notre balade, rue Eau de Robec qui réserve de belles surprises comme cette histoire vraie sculptée dans la pierre au N°186 : le propriétaire de cette maison eut la vie sauve grâce à son cheval. Désarçonné dans la forêt des Essarts, toute proche de la ville, en direction d'Elbeuf, et s'étant sérieusement blessé, son cheval eut le réflexe étonnant de rentrer à l'écurie et de donner l'alerte pour reconduire les proches et les voisins de notre compère vers l'endroit de l'accident. Très reconnaissant ce bourgeois rouennais demanda à un tailleur de pierres d’immortaliser, par cette superbe frise, l'événement.





Flaubert appelait la rue Eau de Robec "l'affreuse petit Venise" . Il faut imaginer jusqu'à la fin du XIX° siècle les grandes perches perpendiculaires aux façades sur lesquelles séchaient les rouleaux de draps. La lumière avait de la peine à venir jusqu'aux rez-de-chaussées des artisans teinturiers. C'était une rue mal famée et de prostitutions qu'il valait mieux éviter.



Aujourd'hui, cette rue est une des plus touristiques du vieux Rouen. Elle a un charme fou.



Je vous renvoie à un article dans la rubrique "Activités" consacré à l'histoire de la draperie  liée à cette rue.



Dans cette demeure datant de 1757, est né Edouard Adam, un savant qui assura la prospérité des vignobles avec une méthode scientifique propre à retirer du vin du midi de la France toutes ses parties spiritueuses.

Ensuite nous faisons demi-tour pour enfiler la rue d'Amiette, autrefois la frontière entre les quartiers bourgeois de l'Ouest de la cité et les quartiers les plus populaires de l'Est. C'est la rue des antiquaires de Rouen, des armoires normandes et de bien d'autres curiosités locales, telle la faïence, les miroirs, les vieux tableaux, attendent les amateurs.










Cette maison gothique est superbe avec son double encorbellement. On peut donc la situer au début de la Renaissance, avant 1520.
Par la rue d'Amiette nous arrivons place Barthélémy sur le parvis de l'église Saint-Maclou.



Les maisons à pans de bois rendent cette place incontournable dans notre promenade au cœur de la cité que l'on peut situer historiquement au moment de l'essor de la Renaissance.



Ces deux maisons de niveaux différents reliées par un escalier intérieur donnent cet aspect curieux, place Barthélémy, à cet ensemble architectural.


-La rue d'Amiens vaut à elle seule un reportage-

Une brève échappée sur la rue d'Amiens montre la richesse du patrimoine rouennais que nous devrons aussi mettre en valeur dans une prochaine promenade.



Hélène, ma fille, avec Annick, mon épouse, cherchent une pièce à donner à un chanteur de rue.



Le mélange des styles montre que l'architecture est au cœur de l'histoire de Rouen




La fameuse rue Malpalu (mauvais marais en vieux français) a une sinistre histoire liée à la "peste noire" importée d'Asie par les navires marchands via les rats et leurs puces. Nous avons au dessus du secrétaire du salon une aquarelle, oeuvre d'André Le Noir, qui représente cette rue avec au fond la tour de croisée de l'abbaye de Saint-Ouen.
Avant la construction de ces maisons, ce sont les vergers de l'archevêché le long des berges de la Seine qui remontaient jusqu'ici.
Toutes les maisons, les églises reposent sur des pieux enfoncés profondément dans le sol très humide et mouvant.




L'église Saint Maclou (saint Malo en breton) dont le parvis en arc de cercle est un édifice charnière. 

C'est l'ultime expression du style gothique flamboyant dans sa forme la plus sophistiquée juste avant l'éclosion du style Renaissance. 

Le duc anglais de Bedford décida, pour sans doute se faire pardonner de l'exécution de Jeanne d'Arc, dont il se sentait coupable, de faire reconstruire en 1436 ce chef d'oeuvre exubérant de joie. 

Rouen fut depuis la plus haute antiquité toujours liée à l'Angleterre par son commerce, son histoire maritime et culturelle. 

Cette église apparaît aussi comme le phare de l'extension de la cité vers l'Est, vers les vallées du Robec, de l'Aubette et de leurs nombreux moulins.

Nous traversons la rue de la République pour un bref passage rue Saint Romain que j'évoque dans un autre article.


-La rue Saint-Romain avec à gauche l'austère archevêché du XIV°siècle et à droite des maisons du XVII° siècle-

Nous virons à droite dans une charmante ruelle reliant la rue Saint-Romain à la rue Saint-Nicolas. C'est la rue des chanoines qu'il faut absolument enfiler pour s'imprégner de l'ambiance de la vieille ville. 



Puis nous sommes replongés avec  la rue Saint-Nicolas dans l'atmosphère commerciale de tout temps qui anime la capitale normande.


-Rue Saint-Nicolas cette maisons bleue est typiquement du XVIII° siècle-
-Hélène et Annick chinent dans la boutique " Karma" des objets décoratifs très originaux et chaleureux-


Puis nous nous dirigeons vers notre parking de l'Hôtel de ville en prenant la petite rue Saint-Amant, elle aussi pittoresque. C'est le quartier des boîtes de nuit, très animé en soirée pour les célibataires en quête de rencontres.



La place Saint- Amant clôture notre escapade. J'espère tout simplement vous avoir sensibilisé et intéressé à l'ambiance du centre-ville historique de Rouen.



Au fond à gauche les vestiges de l'abbaye Saint-Amant reconvertis en appartements. Sur cette place très pittoresque, c'est le buste de Claude Monet, le maître de l'Impressionnisme,  réalisé par le sculpteur  contemporain et rouennais, Jean-Marc de Pas, qui vous salue.